TVI strictement monotone et dichotomie
Tu veux savoir à quel moment la courbe de $f(x) = x^3 + x - 1$ coupe l'axe des abscisses. Aucune formule ne donne cette solution de façon simple. Pourtant, on peut démontrer qu'elle existe, qu'elle est unique, et la coincer entre deux décimaux aussi proches que tu veux. C'est ce que font le théorème des valeurs intermédiaires et la dichotomie.
Le théorème des valeurs intermédiaires
Une fonction continue sur un intervalle se trace « sans lever le crayon ». Si elle passe d'une valeur négative à une valeur positive, elle doit traverser l'axe des abscisses quelque part.
En particulier, si $f(a)$ et $f(b)$ sont de signes contraires, l'équation $f(x) = 0$ a au moins une solution entre $a$ et $b$.
Le mot important est « au moins ». Sur le dessin ci-dessus, la courbe ne coupe l'axe qu'une fois. Mais une courbe qui monte, redescend, puis remonte pourrait le couper trois fois, avec les mêmes signes aux bornes.
Soit $f$ continue et strictement décroissante sur $[0;4]$ avec $f(0) = 5$ et $f(4) = -3$. Combien l'équation $f(x) = 0$ a-t-elle de solutions sur $[0;4]$ ? Justifier.
Soit $f$ continue et strictement décroissante sur $[0;4]$ avec $f(0) = 5$ et $f(4) = -3$. Combien l'équation $f(x) = 0$ a-t-elle de solutions sur $[0;4]$ ? Justifier.
Le cas strictement monotone : existence et unicité
Le TVI donne l'existence, mais pas l'unicité. Pour l'obtenir, on ajoute une hypothèse : la fonction est strictement monotone. Alors elle ne prend jamais deux fois la même valeur.
Pourquoi unique ? Si $f$ est strictement croissante et que $x1 < x_2$, alors $f(x_1) < f(x_2)$. Deux solutions distinctes auraient donc des images distinctes, et ne pourraient pas valoir toutes les deux $k$.
Le théorème s'applique aussi sur un intervalle ouvert ou non borné, comme $]0\,;\,+\infty[$. On remplace alors $f(a)$ et $f(b)$ par les limites aux bornes de l'intervalle.
Si $f$ n'est pas monotone sur tout l'intervalle, on découpe : on dresse le tableau de variations, puis on applique le corollaire du TVI sur chaque intervalle où $f$ est continue et strictement monotone, et on additionne les solutions trouvées.
Un bon réflexe pour la suite : une fois $\alpha$ obtenu, on en déduit le signe de $f$. Si $f$ est strictement croissante et $f(\alpha) = 0$, alors $f(x) < 0$ pour $x < \alpha$ et $f(x) > 0$ pour $x > \alpha$.
Soit $f(x) = x^3 + x - 1$ sur $[0;1]$. Montrer que $f$ est strictement croissante et que l'équation $f(x) = 0$ admet une unique solution sur $[0;1]$.
Soit $f(x) = x^3 + x - 1$ sur $[0;1]$. Montrer que $f$ est strictement croissante et que l'équation $f(x) = 0$ admet une unique solution sur $[0;1]$.
Soit $f(x) = x^3 - 3x + 3$ sur $\mathbb{R}$. a) Dresser le tableau de variations de $f$. b) Montrer que $f(x)=0$ admet une unique solution $\alpha$ et donner un…
Soit $f(x) = x^3 - 3x + 3$ sur $\mathbb{R}$.
- a) Dresser le tableau de variations de $f$.
- b) Montrer que $f(x)=0$ admet une unique solution $\alpha$ et donner un encadrement de $\alpha$ à l'unité.
Soit $f(x) = \ln x + x^2 - 4$ sur $]0;+\infty[$. a) Montrer que $f(x) = 0$ admet une unique solution $\alpha$. b) Montrer que $\alpha \in [1{,}5\,;\,2]$. c) Déterminer…
Soit $f(x) = \ln x + x^2 - 4$ sur $]0;+\infty[$.
- a) Montrer que $f(x) = 0$ admet une unique solution $\alpha$.
- b) Montrer que $\alpha \in [1{,}5\,;\,2]$.
- c) Déterminer le signe de $f$ sur $]0;+\infty[$.
Encadrer la solution : la dichotomie
On sait que $\alpha$ existe, mais quelle est sa valeur ? On la coince dans un intervalle, que l'on divise par deux à chaque étape.
À chaque étape, l'amplitude est divisée par $2$. Après $n$ étapes, elle vaut $\dfrac{b-a}{2^n}$.
On peut programmer cette méthode en Python. À chaque tour, on remplace $a$ ou $b$ par le milieu, selon le signe de $f(m)$ comparé à celui de $f(a)$.
def dichotomie(f, a, b, eps):
while b - a > eps:
m = (a + b) / 2
if f(a) * f(m) <= 0: # alpha est dans [a ; m]
b = m
else: # alpha est dans [m ; b]
a = m
return a, b
Par exemple, dichotomie(lambda x: x**3 + x - 1, 0, 1, 0.01) renvoie un intervalle d'amplitude inférieure à $0{,}01$ contenant $\alpha$.
Soit $f(x) = x^2 - 2$ sur $[1;2]$. Calculer $f(1{,}4)$ et $f(1{,}5)$ puis donner un encadrement de la solution de $f(x)=0$ d'amplitude $0{,}1$.
Soit $f(x) = x^2 - 2$ sur $[1;2]$. Calculer $f(1{,}4)$ et $f(1{,}5)$ puis donner un encadrement de la solution de $f(x)=0$ d'amplitude $0{,}1$.
Soit $f(x) = e^x + x - 3$ sur $\mathbb{R}$. a) Étudier le sens de variation de $f$. b) Montrer que $f(x)=0$ admet une unique solution $\alpha$ et que $\alpha \in [0;2]$.…
Soit $f(x) = e^x + x - 3$ sur $\mathbb{R}$.
- a) Étudier le sens de variation de $f$.
- b) Montrer que $f(x)=0$ admet une unique solution $\alpha$ et que $\alpha \in [0;2]$.
- c) Donner un encadrement de $\alpha$ d'amplitude $0{,}1$ par dichotomie.
Soit $f(x) = x e^{x} - 2$ sur $\mathbb{R}$. a) Étudier les variations de $f$ et ses limites en $-\infty$ et $+\infty$. b) Montrer que $f(x) = 0$ admet une unique…
Soit $f(x) = x e^{x} - 2$ sur $\mathbb{R}$.
- a) Étudier les variations de $f$ et ses limites en $-\infty$ et $+\infty$.
- b) Montrer que $f(x) = 0$ admet une unique solution $\alpha$ et que $\alpha \in [0;1]$.
- c) Écrire en Python une fonction
dichotomie(a, b, eps)qui renvoie un encadrement de $\alpha$ d'amplitude inférieure à $\varepsilon$ ; déterminer en combien d'étapes l'amplitude passe sous $10^{-3}$ à partir de $[0;1]$.
Points fixes et suites définies implicitement
Le corollaire du TVI sert aussi à résoudre des questions plus abstraites.
Si l'on sait en plus que $f$ est strictement décroissante, alors $g(x) = f(x) - x$ l'est aussi (on retire $x$, qui croît) : le corollaire donne l'unicité de $c$.
Autre usage : une suite $(x_n)$ dont chaque terme est la solution d'une équation dépendant de $n$.
Dernier usage : les suites $u_{n+1} = f(u_n)$, où $f$ est continue sur un intervalle $I$ et envoie $I$ dans lui-même. On encadre les termes par récurrence, on conclut à la convergence grâce au théorème admis (suite monotone et bornée), puis la continuité de $f$ donne l'équation $\ell = f(\ell)$ vérifiée par la limite.
Soit $n$ un entier naturel non nul et $f_n(x) = x^n + x - 1$ sur $[0;1]$. a) Montrer que $f_n(x) = 0$ admet une unique solution $x_n \in [0;1]$. b) Montrer que…
Soit $n$ un entier naturel non nul et $f_n(x) = x^n + x - 1$ sur $[0;1]$.
- a) Montrer que $f_n(x) = 0$ admet une unique solution $x_n \in [0;1]$.
- b) Montrer que $f_{n+1}(x_n) < 0$ et en déduire que la suite $(x_n)$ est croissante.
- c) Justifier que $(x_n)$ converge.
Soit $f$ une fonction continue sur $[0;1]$ à valeurs dans $[0;1]$. a) En considérant $g(x) = f(x) - x$, montrer qu'il existe $c \in [0;1]$ tel que $f(c) = c$. b) Montrer…
Soit $f$ une fonction continue sur $[0;1]$ à valeurs dans $[0;1]$.
- a) En considérant $g(x) = f(x) - x$, montrer qu'il existe $c \in [0;1]$ tel que $f(c) = c$.
- b) Montrer que, si de plus $f$ est strictement décroissante, ce réel $c$ est unique.
- c) Application : $f(x) = e^{-x}$ sur $[0;1]$. Montrer que $c \in [0{,}5;0{,}6]$.
L'essentiel
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TVI : si $f$ est continue sur $[a\,;\,b]$, tout réel $k$ compris entre $f(a)$ et $f(b)$ a au moins un antécédent dans $[a\,;\,b]$.
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Cas strictement monotone : si de plus $f$ est strictement monotone, l'équation $f(x) = k$ a une unique solution dans $[a\,;\,b]$. Sur un intervalle non borné ou ouvert, on remplace $f(a)$ et $f(b)$ par les limites aux bornes.
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Rédaction : continuité, tableau de variations (stricte monotonie), $k$ compris entre les valeurs (ou limites) aux bornes, conclusion.
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Dichotomie : on calcule $f$ au milieu et on garde la moitié où le signe change. L'amplitude est divisée par $2$ à chaque étape ; après $n$ étapes, elle vaut $\dfrac{b-a}{2^n}$.
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Après avoir trouvé $\alpha$ : le signe de $f$ se déduit de la monotonie.