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Terminale (maths complémentaires) · SES
Crises financières, mobilité sociale et outils quantitatifs du programme de SES · Crises financières

Bulles spéculatives, paniques bancaires et régulation

En 2008, des ménages américains ne parviennent plus à rembourser leurs crédits immobiliers. Quelques mois plus tard, des usines européennes ferment et le chômage augmente en France. Comment une crise partie de la finance peut-elle toucher des salariés qui n'ont jamais acheté un seul produit financier ? Et que peut-on faire pour que cela ne se reproduise pas ? Voilà ce que nous allons comprendre.

Bulle spéculative

Imagine que le prix des maisons monte de 10 % par an depuis cinq ans. Tu te dis : « Si j'achète maintenant, je revendrai plus cher dans deux ans. » Tu n'achètes pas pour habiter, mais pour revendre. Tu spécules. Et tes voisins pensent la même chose.

Pourquoi le prix s'éloigne-t-il de la valeur fondamentale ? Trois mécanismes se combinent :

  • les comportements mimétiques : chacun imite les autres, de peur de « rater » la hausse ;

  • les prophéties auto-réalisatrices : parce que tout le monde croit que le prix va monter, tout le monde achète, et le prix monte vraiment ;

  • le crédit facile : des banques prêtent beaucoup, ce qui fournit l'argent nécessaire pour acheter à des prix toujours plus élevés (effet de levier).

Évolution du prix d'un actif : il monte bien au-dessus de la valeur fondamentale, puis chute brutalement à l'éclatement de la bulle. Valeur fondamentale Prix de marché Éclatement Temps Prix

La bulle éclate quand les acheteurs doutent : certains vendent, le prix baisse, d'autres vendent par peur… et le mouvement s'inverse brutalement.

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Définir ce qu'est une bulle spéculative. Expliquer en quelques lignes pourquoi, pendant la phase de hausse, le prix d'un actif s'éloigne de sa valeur fondamentale.

Définir ce qu'est une bulle spéculative. Expliquer en quelques lignes pourquoi, pendant la phase de hausse, le prix d'un actif s'éloigne de sa valeur fondamentale.

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Le prix moyen d'un mètre carré dans une métropole française passe de 3 000 € à 4 500 € en six ans, alors que les loyers qui peuvent être perçus restent stables et que…

Le prix moyen d'un mètre carré dans une métropole française passe de 3 000 € à 4 500 € en six ans, alors que les loyers qui peuvent être perçus restent stables et que les crédits sont très facilement accordés.

  1. a) Calculer le taux de variation global du prix du mètre carré.
  1. b) Expliquer le rôle du crédit facile et des anticipations des acheteurs dans la formation d'une bulle.
  1. c) Décrire ce qui se passe si les prix se retournent à la baisse et que des ménages endettés doivent revendre.
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Panique bancaire

Une banque reçoit des dépôts à vue (tu peux les retirer quand tu veux) et prête cet argent à long terme (crédits immobiliers, aux entreprises). Elle ne garde en caisse qu'une petite part des dépôts. Tant que les clients ont confiance, seuls quelques-uns retirent leur argent chaque jour : cela fonctionne.

Le piège : même une banque solvable (dont l'actif vaut plus que les dettes) peut manquer de liquidités, car ses crédits ne sont pas récupérables immédiatement. Pour payer les déposants, elle doit vendre ses actifs en urgence, à prix cassé : elle perd de l'argent, ce qui renforce la peur. La rumeur devient une prophétie auto-réalisatrice.

Comme les banques se prêtent entre elles, la faillite de l'une met en difficulté ses créancières : ce sont des faillites en chaîne. Les États ont réagi : garantie des dépôts (en France, jusqu'à 100 000 € par client et par banque) et rôle de prêteur en dernier ressort de la banque centrale.

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Définir une panique bancaire. Expliquer pourquoi une banque, même solvable, peut ne pas pouvoir rembourser tous ses déposants si ceux-ci demandent simultanément le…

Définir une panique bancaire. Expliquer pourquoi une banque, même solvable, peut ne pas pouvoir rembourser tous ses déposants si ceux-ci demandent simultanément le retrait de leurs dépôts.

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De la finance à l'économie réelle

Une crise financière devient une crise économique par plusieurs canaux de transmission.

Canal Mécanisme
Effet de richesse négatif Les prix des actifs chutent, les ménages se sentent plus pauvres, ils consomment moins.
Baisse du prix du collatéral Les actifs donnés en garantie d'un prêt perdent de la valeur : les emprunteurs doivent rembourser ou vendre (ventes forcées), ce qui fait encore baisser les prix.
Contraction du crédit (credit crunch) Les banques, fragilisées et méfiantes, prêtent moins aux ménages et aux entreprises.
Baisse de confiance Les entreprises reportent leurs investissements, les ménages épargnent par précaution.
Chaîne de transmission : éclatement de la bulle, pertes bancaires, restriction du crédit, baisse de la demande et de l'investissement, chômage. Bulleéclate Pertesbancaires Créditrestreint Consommationinvestissement ↓ PIB ↓chômage ↑

Deux grandes crises : 1929 et 2008

Le programme demande de connaître les caractéristiques de la crise des années 1930 et de celle de 2008. Retiens la grille d'analyse : origine, propagation, réponses des pouvoirs publics.

Crise de 1929-1930 Crise de 2007-2008
Origine Bulle boursière aux États-Unis, achats de titres à crédit ; krach boursier d'octobre 1929 Bulle immobilière américaine, crédits risqués (subprimes) transformés en titres vendus aux banques du monde entier
Propagation Paniques bancaires à répétition, faillites en chaîne de milliers de banques, chute du crédit, dimension internationale via l'étalon-or et le commerce Interconnexion des banques : la faillite de Lehman Brothers (2008) gèle le crédit interbancaire ; contagion mondiale
Réponses publiques Tardives : peu de soutien aux banques, politique monétaire restrictive, budgets équilibrés ; ensuite New Deal Rapides : taux directeurs très bas, la banque centrale prête aux banques (prêteur en dernier ressort), sauvetages bancaires, plans de relance budgétaire
Gravité Chute du PIB très forte, chômage massif (environ un quart des actifs aux États-Unis), déflation Récession en 2009 mais bien moins profonde, chômage en hausse ; la réaction a évité l'effondrement
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Expliquer, à l'aide de deux exemples précis, comment une crise financière se transmet à l'économie réelle par : a) le canal du crédit (credit crunch) ; b) l'effet de…

Expliquer, à l'aide de deux exemples précis, comment une crise financière se transmet à l'économie réelle par : a) le canal du crédit (credit crunch) ; b) l'effet de richesse et la baisse de la confiance. Conclure en indiquant les conséquences possibles sur l'investissement des entreprises et l'emploi.

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Comparer la crise de 1929-1930 et celle de 2007-2008 selon les trois axes suivants : a) l'origine (bulle, endettement, secteur concerné) ; b) les mécanismes de…

Comparer la crise de 1929-1930 et celle de 2007-2008 selon les trois axes suivants :

  1. a) l'origine (bulle, endettement, secteur concerné) ;
  1. b) les mécanismes de propagation (paniques bancaires, interconnexion des banques, dimension internationale) ;
  1. c) les réponses des pouvoirs publics (politique monétaire, sauvetage bancaire, politique budgétaire) et leurs effets sur la gravité de la récession.
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Réguler : ratio de solvabilité et aléa moral

Une banque « trop grande pour faire faillite » sait que l'État la sauvera, car sa chute ruinerait l'économie. Elle peut donc prendre plus de risques : si ça marche, les profits sont pour elle ; si ça échoue, les pertes sont en partie supportées par la collectivité.

Pour le limiter, les autorités (banque centrale, superviseurs, accords de Bâle) imposent des règles. La principale est le ratio de solvabilité :

Pourquoi ? Les fonds propres absorbent les pertes avant que les déposants ne soient touchés. Plus les actifs sont risqués, plus il faut de fonds propres : la banque a donc intérêt à ne pas prendre trop de risques, car ce sont ses propres actionnaires qui perdent en premier.

Deux issues pour une banque sous la norme. Soit elle augmente ses fonds propres, soit elle réduit ses actifs pondérés, donc ses crédits. Avec 18 Md€ de fonds propres et un ratio exigé de 10 %, les actifs pondérés maximaux sont $18/0{,}10=180$ Md€. Si elle en a 200, elle doit en retirer 20 : elle prête moins.

Limites de la régulation.

  • Coût : des exigences élevées renchérissent ou réduisent le crédit à l'économie.

  • Contournement : les banques peuvent déplacer des risques hors bilan ou vers la finance non régulée.

  • Procyclicité : en crise, les pertes réduisent les fonds propres ; pour respecter la norme, les banques réduisent leurs crédits, ce qui aggrave la récession. D'où des exigences supplémentaires pour les grandes banques et des « coussins » de fonds propres constitués en période favorable.

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Une banque a des fonds propres de 6 milliards d'euros et des actifs pondérés par les risques de 80 milliards d'euros. a) Calculer son ratio de solvabilité. b) Ce ratio…

Une banque a des fonds propres de 6 milliards d'euros et des actifs pondérés par les risques de 80 milliards d'euros.

  1. a) Calculer son ratio de solvabilité.
  1. b) Ce ratio est-il conforme à un minimum réglementaire de 8 % ? Justifier.
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Une banque a 100 milliards d'euros d'actifs pondérés par les risques et 9 milliards d'euros de fonds propres. Elle subit 4 milliards d'euros de pertes sur des crédits…

Une banque a 100 milliards d'euros d'actifs pondérés par les risques et 9 milliards d'euros de fonds propres. Elle subit 4 milliards d'euros de pertes sur des crédits immobiliers, supposées sans variation des actifs pondérés.

  1. a) Calculer son ratio de solvabilité avant et après les pertes.
  1. b) Si le minimum exigé est de 8 %, la banque respecte-t-elle encore la norme ? Quelle décision le superviseur peut-il prendre ?
  1. c) Expliquer en quoi l'exigence de fonds propres limite la prise de risque excessive.
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Les banques jugées « trop grandes pour faire faillite » savent qu'elles seront probablement secourues par l'État. a) Définir l'aléa moral et expliquer en quoi il…

Les banques jugées « trop grandes pour faire faillite » savent qu'elles seront probablement secourues par l'État.

  1. a) Définir l'aléa moral et expliquer en quoi il s'applique à cette situation.
  1. b) Présenter deux instruments de supervision ou de régulation (ratio de solvabilité, exigences supplémentaires pour les grandes banques, séparation des activités, etc.) destinés à le réduire.
  1. c) Discuter les limites de ces instruments : coût pour le financement de l'économie, contournement possible.
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Une banque a des actifs pondérés de 200 milliards d'euros et des fonds propres de 18 milliards d'euros. La norme impose un ratio de 10 %. a) Calculer son ratio et le…

Une banque a des actifs pondérés de 200 milliards d'euros et des fonds propres de 18 milliards d'euros. La norme impose un ratio de 10 %.

  1. a) Calculer son ratio et le montant d'actifs pondérés qu'elle devrait détenir au maximum, à fonds propres inchangés, pour respecter la norme.
  1. b) Montrer que, si elle choisit de réduire ses actifs plutôt que d'augmenter ses fonds propres, elle diminue ses crédits, et discuter l'effet sur l'économie réelle en période de crise.
  1. c) Expliquer pourquoi une règle identique pour toutes les banques peut avoir un effet procyclique.
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L'essentiel

  • Une bulle spéculative est une hausse du prix d'un actif bien au-delà de sa valeur fondamentale, nourrie par le mimétisme, les prophéties auto-réalisatrices et le crédit facile.

  • Une panique bancaire est un retrait massif de dépôts ; même une banque solvable peut manquer de liquidités, d'où des faillites en chaîne.

  • La crise se transmet à l'économie réelle par l'effet de richesse négatif, la baisse du prix du collatéral et les ventes forcées, le credit crunch et la baisse de confiance.

  • L'aléa moral pousse les banques protégées à prendre trop de risques.

  • Le ratio de solvabilité = fonds propres / actifs pondérés × 100 limite ce risque, mais a un coût et peut être procyclique.

Retour au début : la crise de 2008, partie de crédits immobiliers américains, a touché des salariés français sans produits financiers parce que les banques sont interconnectées, que le crédit s'est contracté et que la confiance s'est effondrée.

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