Retour à la page d'accueilSES · Terminale (maths complémentaires) · Changer de matière
Commencer gratuitement
Terminale (maths complémentaires) · SES
Crises financières, mobilité sociale et outils quantitatifs du programme de SES · Engagement politique et action publique environnementale

Engagement politique, passager clandestin et instruments environnementaux

Dans ton lycée, tout le monde souhaite un air plus pur et un climat moins chaud. Pourtant, chaque élève se dit que son propre effort ne changera presque rien, et que les autres feront bien le travail à sa place. Comment, alors, une société parvient-elle à agir pour un bien qui profite à tous ? C'est la question de cette page : qui s'engage, pourquoi si peu, et avec quels outils les pouvoirs publics peuvent-ils agir.

Les formes de l'engagement politique

L'engagement politique désigne l'ensemble des actions par lesquelles des citoyens cherchent à peser sur les décisions publiques. Il prend des formes variées.

Forme Exemples Type
Conventionnelle (institutionnelle) voter, adhérer à un parti, se présenter à une élection vote ou action individuelle
Non conventionnelle (protestataire) manifester, signer une pétition, faire grève, occuper un lieu action collective
Action individuelle « du quotidien » boycotter un produit, consommer autrement, écrire à un élu action individuelle

Les acteurs de la mise à l'agenda d'un problème (le climat, par exemple) sont nombreux : pouvoirs publics, partis, ONG, entreprises, experts, mouvements citoyens. Chacun dispose de répertoires d'action différents : le lobbying, la pétition, la marche pour le climat, l'expertise scientifique.

La participation est inégale selon les groupes sociaux. Les variables sociodémographiques jouent : l'âge (les plus âgés votent davantage), le diplôme et le revenu (les plus diplômés s'engagent plus), l'intégration sociale (être en emploi, inséré dans un réseau, favorise la participation). L'offre politique compte aussi : si aucun candidat ne porte les préoccupations d'un groupe, l'abstention augmente.

Entraîne-toi★☆☆Pas commencé
Citer trois formes d'engagement politique (conventionnelles et non conventionnelles) et indiquer pour chacune si elle relève du vote, de l'action collective ou d'une…

Citer trois formes d'engagement politique (conventionnelles et non conventionnelles) et indiquer pour chacune si elle relève du vote, de l'action collective ou d'une action individuelle.

Résoudre
Entraîne-toi★★☆Pas commencé
Lors d'une élection, le taux d'abstention est de 42 % pour 48 millions d'inscrits. a) Calculer le nombre de votants. b) Citer deux facteurs sociologiques expliquant les…

Lors d'une élection, le taux d'abstention est de 42 % pour 48 millions d'inscrits.

  1. a) Calculer le nombre de votants.
  1. b) Citer deux facteurs sociologiques expliquant les écarts de participation (âge, diplôme, intégration sociale) et un facteur lié à l'offre politique.
Résoudre

Le passager clandestin et l'action collective

Un bien commun (ou bien collectif) profite à tous et on ne peut pas en exclure ceux qui n'ont pas contribué : un climat stable, un air sain, la biodiversité. Le passager clandestin est un individu (ou un pays) qui profite du bien sans en payer le coût : il laisse les autres agir et bénéficie quand même du résultat.

Pour chacun, la stratégie « ne pas contribuer » paraît la meilleure, car son effort pèse très peu. Mais si tous raisonnent ainsi, personne ne contribue et le bien n'est pas produit.

C'est la théorie de l'action collective de Mancur Olson : plus un groupe est nombreux, plus la contribution de chacun est diluée, plus la tentation du passager clandestin est forte. Les petits groupes s'organisent mieux. Pour mobiliser un grand groupe, il faut des incitations sélectives, c'est-à-dire des avantages réservés à ceux qui participent (services d'une association, avantages d'un syndicat, reconnaissance sociale) ou des sanctions pour les autres. Les mouvements sociaux, par la dimension identitaire et émotionnelle, peuvent aussi dépasser ce calcul coût-avantage.

Schéma du passager clandestin : si tous contribuent le bien est produit, si chacun attend, personne ne contribue. Tous contribuent bien commun produit Chacun attend personne ne contribue Un seul s'abstient il profite sans payer

À l'échelle mondiale, le climat est un bien commun : chaque pays est tenté d'attendre que les autres réduisent leurs émissions. C'est pourquoi les négociations des COP (Accord de Paris, 2015) sont difficiles, d'autant que les pays n'ont pas le même niveau de développement ni la même responsabilité historique.

Entraîne-toi★☆☆Pas commencé
Définir le passager clandestin. Illustrer par un exemple tiré de la lutte contre le changement climatique.

Définir le passager clandestin. Illustrer par un exemple tiré de la lutte contre le changement climatique.

Résoudre
Entraîne-toi★★☆Pas commencé
Dans une copropriété de 100 habitants, une isolation coûte 200 € par habitant et procure un bénéfice collectif de 500 € à chacun si tous contribuent. Si un seul n'y…

Dans une copropriété de 100 habitants, une isolation coûte 200 € par habitant et procure un bénéfice collectif de 500 € à chacun si tous contribuent. Si un seul n'y participe pas, le bénéfice est quasi inchangé pour les autres.

  1. a) Expliquer pourquoi chacun est tenté de ne pas participer.
  1. b) Montrer que l'opération est pourtant collectivement avantageuse.
  1. c) Proposer un instrument public pour résoudre le problème.
Résoudre
Entraîne-toi★★★Pas commencé
Expliquer, avec la théorie de l'action collective d'Olson, pourquoi des groupes nombreux peinent à se mobiliser pour un bien collectif. Discuter comment les incitations…

Expliquer, avec la théorie de l'action collective d'Olson, pourquoi des groupes nombreux peinent à se mobiliser pour un bien collectif. Discuter comment les incitations sélectives et les mouvements sociaux peuvent surmonter ce problème, à partir d'un exemple environnemental français.

Résoudre

Les instruments de la politique environnementale

La pollution est une externalité négative : son coût retombe sur la société, pas sur le pollueur. L'action publique cherche à faire internaliser ce coût. Quatre instruments principaux :

  • La réglementation : norme ou interdiction (limitation de vitesse, normes Euro pour les véhicules, zones à faibles émissions). Efficace et simple, mais elle impose la même contrainte à tous, quel que soit leur coût de réduction.

  • La taxation : on fixe un prix à l'émission (taxe carbone, exemple : 50 € par tonne de CO₂). Chacun décide combien réduire. Le prix est connu, mais la quantité de réduction ne l'est pas. Elle peut peser plus sur les ménages modestes (justice sociale).

  • Le marché de quotas d'émission : on fixe un plafond d'émissions total, et on distribue ou vend des quotas échangeables. La quantité est connue, le prix est fixé par le marché. Exemple : le marché européen ETS.

  • La subvention à l'innovation verte : aide à la recherche ou à l'achat de solutions propres (bonus écologique, soutien aux énergies renouvelables). Elle stimule le progrès technique mais coûte aux finances publiques.

Ces instruments se mettent en œuvre à des échelles différentes : locale (zone à faibles émissions d'une métropole), nationale (taxe carbone), européenne (marché de quotas, normes), mondiale (accords climatiques).

Comparaison de la taxe et du quota : la taxe fixe le prix, le quota fixe la quantité. Taxe prix fixé quantité réduite incertaine Quotas quantité fixée prix du quota variable

Marché de quotas et efficacité économique

Entraîne-toi★☆☆Pas commencé
Citer un exemple de réglementation, de taxe et de marché de quotas d'émission en matière environnementale. Indiquer à quelle échelle (locale, nationale, européenne,…

Citer un exemple de réglementation, de taxe et de marché de quotas d'émission en matière environnementale. Indiquer à quelle échelle (locale, nationale, européenne, mondiale) chacun peut être mis en œuvre.

Résoudre
Entraîne-toi★★☆Pas commencé
Une taxe carbone fixe 50 € par tonne de CO₂. Une entreprise émet 10 000 tonnes par an. Réduire d'une tonne coûte 30 € pour les 4 000 premières tonnes, puis 70 € pour les…

Une taxe carbone fixe 50 € par tonne de CO₂. Une entreprise émet 10 000 tonnes par an. Réduire d'une tonne coûte 30 € pour les 4 000 premières tonnes, puis 70 € pour les suivantes.

  1. a) Calculer la réduction d'émissions que l'entreprise choisit de réaliser.
  1. b) Calculer la taxe qu'elle paie ensuite.
  1. c) Expliquer pourquoi la taxe incite à réduire les émissions.
Résoudre
Entraîne-toi★★★Pas commencé
Comparer réglementation, taxe et marché de quotas d'émission comme instruments de politique environnementale selon trois critères : efficacité environnementale, coût…

Comparer réglementation, taxe et marché de quotas d'émission comme instruments de politique environnementale selon trois critères : efficacité environnementale, coût économique, justice sociale. Conclure sur l'intérêt de combiner les instruments.

Résoudre
Entraîne-toi★★★Pas commencé
Un marché européen de quotas plafonne les émissions à 1 000 millions de tonnes. Une entreprise a un coût de réduction de 40 € la tonne, une autre de 90 €. Le prix du…

Un marché européen de quotas plafonne les émissions à 1 000 millions de tonnes. Une entreprise a un coût de réduction de 40 € la tonne, une autre de 90 €. Le prix du quota est de 60 €.

  1. a) Déterminer pour chaque entreprise s'il est préférable de réduire ou d'acheter des quotas.
  1. b) Montrer pourquoi le marché réduit le coût total par rapport à une réglementation imposant la même réduction à chacune.
  1. c) Discuter le rôle des différentes échelles (européenne, mondiale) pour éviter les fuites de carbone.
Résoudre

L'essentiel

  • L'engagement politique prend des formes conventionnelles (vote, parti) et non conventionnelles (manifestation, pétition) ; il varie avec l'âge, le diplôme, l'intégration sociale et l'offre politique.

  • Pour un bien commun, chacun est tenté d'être passager clandestin : c'est le problème de l'action collective d'Olson, surtout dans les grands groupes.

  • Incitations sélectives et mouvements sociaux aident à mobiliser ; à l'échelle mondiale, le passager clandestin et les inégalités de développement freinent les accords climatiques.

  • Instruments : réglementation (norme), taxe (prix fixé), quotas échangeables (quantité fixée), subvention à l'innovation verte, avec avantages, coûts et effets sociaux différents.

  • Le marché de quotas réduit le coût total, car ce sont les entreprises aux coûts de réduction les plus bas qui réduisent le plus.

  • Il faut combiner les instruments et les échelles (locale, nationale, européenne, mondiale) pour limiter les fuites de carbone.

Retour au début : un bien commun comme le climat ne se produit pas spontanément, car chacun attend que les autres agissent ; l'action publique doit donc modifier les incitations.

Voir tous les exercices de cette partie