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Terminale (maths complémentaires) · SES
Préparer l'épreuve de spécialité SES du bac · Épreuve composée de SES en terminale générale

Partie 1 de l'épreuve composée — mobilisation des connaissances

Ton professeur de SES te donne une question : « Comment mesure-t-on le chômage ? » Tu disposes d'un temps limité (l'épreuve dure 4 h en tout) pour la partie 1 de l'épreuve composée, c'est-à-dire pour toute la partie « connaissances ». Que faut-il écrire pour obtenir tous les points ? Récite-t-on son cours en vrac ? Non : on construit une réponse courte, organisée et illustrée. Cette page t'explique comment, puis te donne les fiches de savoirs dont tu as besoin pour les exercices.

Ce que la partie 1 attend de toi

La partie 1 de l'épreuve composée est une question de cours : on te demande de mobiliser tes connaissances sur une notion ou un mécanisme du programme. Il n'y a pas de document. Le correcteur évalue :

  • la maîtrise des notions : les concepts clés sont définis avec précision ;

  • la qualité de l'explication : un mécanisme est expliqué, avec des liens logiques (« donc », « parce que », « ce qui entraîne ») ;

  • l'illustration : un exemple, un ordre de grandeur ou une donnée sourcée ;

  • la clarté de la rédaction : phrases complètes, paragraphes, vocabulaire économique.

Les verbes de la consigne te disent quoi faire :

Consigne Ce qu'il faut faire
Définir Donner le sens précis d'une notion, en une ou deux phrases.
Expliquer, montrer que Enchaîner les causes et les conséquences (un mécanisme).
Illustrer Donner un exemple concret : un pays, un secteur, un chiffre.
Distinguer Définir deux notions et préciser ce qui les oppose.
Présenter Exposer l'idée ou la théorie de façon structurée.
Schéma de la réponse type : définition, mécanisme, exemple, conclusion courte. 1. Définirles notions clés 2. Expliquerle mécanisme 3. Illustrerexemple, donnée 4. Conclureune phrase
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Question : Comment mesure-t-on le chômage ? 1. Définir un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT). 2. Expliquer pourquoi le nombre de chômeurs au sens…

Question : Comment mesure-t-on le chômage ?

  1. Définir un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT).

  2. Expliquer pourquoi le nombre de chômeurs au sens du BIT n'est pas identique au nombre de personnes inscrites à France Travail.

  3. Donner la formule du taux de chômage.

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Croissance : facteurs, PGF, institutions et destruction créatrice

La croissance économique est l'augmentation soutenue, sur une longue période, de la production de biens et services, mesurée par le PIB en volume. Elle a deux sources.

1. L'accumulation des facteurs de production : plus de travail (population active, durée du travail), plus de capital physique (machines, bâtiments) et de capital humain (éducation, formation). Mais attention : à technologie constante, chaque machine supplémentaire apporte moins que la précédente. On parle de rendements décroissants.

2. La productivité globale des facteurs (PGF) : c'est la part de la croissance qui ne s'explique pas par la quantité de facteurs, mais par la manière dont on les combine (organisation, savoir-faire, technologie).

Le progrès technique (nouvelles machines, nouvelles méthodes) augmente la PGF : avec les mêmes heures de travail et le même capital, on produit plus. Exemple : une usine installe des robots de soudure ; avec le même nombre d'ouvriers, elle produit davantage de voitures par jour.

Un progrès technique endogène

Pour les théories de la croissance endogène (Romer, Aghion et Howitt), le progrès technique n'est pas tombé du ciel : il est endogène, c'est-à-dire produit par l'économie elle-même. Les entreprises investissent dans la recherche et développement (R&D) parce qu'elles espèrent un profit ; l'État finance l'éducation et la recherche. De plus, les connaissances créent des externalités positives : une idée nouvelle profite à d'autres sans que ceux-ci l'aient payée, ce qui nourrit de nouvelles innovations.

Le rôle des institutions

Les institutions sont les règles du jeu (lois, justice, droits). Pour Douglass North, les droits de propriété garantis et un système de brevets incitent à investir et à innover : si on n'est pas sûr de garder le fruit de son effort, on n'investit pas. Exemple : le brevet protège pendant vingt ans un laboratoire pharmaceutique qui a découvert un médicament, ce qui lui permet de rentabiliser sa R&D.

La destruction créatrice

Pour Joseph Schumpeter, l'innovation s'accompagne d'une destruction créatrice : les activités nouvelles remplacent les anciennes, qui disparaissent. Exemple : la voiture a fait disparaître les fabricants de calèches ; la photographie numérique a fait disparaître la photographie argentique (et les fabricants de pellicules). Des emplois sont détruits, d'autres sont créés, souvent plus qualifiés.

Cela peut creuser les inégalités de revenus : les salariés qualifiés, dont les compétences sont complémentaires des nouvelles technologies, voient leurs salaires augmenter (prime à la qualification), tandis que les emplois moyennement qualifiés routiniers sont automatisés (polarisation des emplois).

Les deux sources de la croissance : accumulation des facteurs et productivité globale des facteurs. Croissance du PIB Accumulation des facteurs travail, capital physique, capital humain Hausse de la PGF progrès technique, organisation
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Question : Quelle différence peut-on faire entre l'accumulation des facteurs de production et les gains de productivité globale des facteurs (PGF) comme sources de la…

Question : Quelle différence peut-on faire entre l'accumulation des facteurs de production et les gains de productivité globale des facteurs (PGF) comme sources de la croissance économique ?

  1. Définir la productivité globale des facteurs.

  2. Expliquer, à l'aide d'un exemple, en quoi le progrès technique permet d'augmenter la PGF.

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Question : Montrer que les institutions influencent la croissance économique. Vous mobiliserez en particulier la notion de droits de propriété et vous illustrerez votre…

Question : Montrer que les institutions influencent la croissance économique.

Vous mobiliserez en particulier la notion de droits de propriété et vous illustrerez votre réponse par un exemple.

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Question : Montrer que l'innovation, moteur de la croissance économique, s'accompagne d'un processus de destruction créatrice. 1. Expliquer en quoi le progrès technique…

Question : Montrer que l'innovation, moteur de la croissance économique, s'accompagne d'un processus de destruction créatrice.

  1. Expliquer en quoi le progrès technique est endogène.

  2. Présenter le mécanisme de la destruction créatrice et l'illustrer par un exemple.

  3. Expliquer pourquoi ce processus peut engendrer des inégalités de revenus.

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Chômage et bulle spéculative : deux fiches de définitions

Mesurer le chômage

Selon le Bureau international du travail (BIT), un chômeur est une personne :

  • sans emploi (elle n'a pas travaillé, ne serait-ce qu'une heure, pendant la semaine de référence) ;

  • disponible pour travailler dans les deux semaines ;

  • qui recherche activement un emploi.

L'INSEE mesure le chômage par l'enquête Emploi, selon cette définition. Les inscrits à France Travail (ex-Pôle emploi) forment un autre ensemble : on peut y être inscrit sans chercher activement d'emploi, ou être chômeur au sens du BIT sans être inscrit. Les deux chiffres diffèrent donc.

$$\text{Taux de chômage} = \frac{\text{nombre de chômeurs}}{\text{population active}} \times 100$$

La population active regroupe les actifs occupés et les chômeurs. Le taux d'emploi rapporte les actifs occupés à la population en âge de travailler (15-64 ans). Autour du chômage, on parle aussi de halo du chômage (personnes proches du chômage mais hors définition) et de sous-emploi (temps partiel subi).

La bulle spéculative

Une bulle spéculative est une hausse du prix d'un actif (actions, immobilier, tulipes…) fortement déconnectée de sa valeur fondamentale, c'est-à-dire de ce qu'il rapporte réellement.

Elle se forme ainsi :

  1. Le prix monte. Des investisseurs achètent pour revendre plus cher, non pour la valeur de l'actif.

  2. Comportement mimétique : chacun imite les autres, de peur de rater une bonne affaire.

  3. Prophétie auto-réalisatrice : l'anticipation d'une hausse provoque des achats, qui font réellement monter les prix et confirment l'anticipation.

  4. Un déclic (mauvaise nouvelle, hausse des taux) fait douter ; les investisseurs vendent en masse, le prix s'effondre : la bulle éclate.

Courbe du prix d'un actif : hausse rapide au-dessus de la valeur fondamentale puis effondrement. Prix Temps Hausse mimétique Éclatement Valeur fondamentale
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Question : Qu'est-ce qu'une bulle spéculative ? 1. Définir une bulle spéculative. 2. Expliquer, en vous appuyant sur les notions de comportement mimétique et de…

Question : Qu'est-ce qu'une bulle spéculative ?

  1. Définir une bulle spéculative.

  2. Expliquer, en vous appuyant sur les notions de comportement mimétique et de prophétie auto-réalisatrice, comment elle se forme.

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Commerce international et zone euro

Les dotations factorielles

Pour la théorie HOS (Heckscher, Ohlin, Samuelson), chaque pays se spécialise dans les biens qui utilisent intensivement le facteur de production dont il est le mieux doté (travail, capital, terres). Il exporte ces biens et importe les autres. C'est un avantage comparatif lié aux dotations factorielles.

Exemple : le Bangladesh, abondant en main-d'œuvre peu coûteuse, exporte des vêtements ; l'Allemagne, abondante en capital, exporte des machines-outils.

Limite. Cette explication ne rend pas compte du commerce entre pays comparables (la France et l'Allemagne s'échangent des voitures). Il s'agit de commerce intra-branche : les pays échangent des produits différenciés (qualité, marque, design), ce qui répond à la diversité des goûts. La compétitivité hors-prix (qualité) et la productivité des firmes comptent alors, ainsi que la fragmentation de la chaîne de valeur.

Zone euro : politique monétaire et budgétaire

  • Politique monétaire : unique pour toute la zone, menée par la BCE (Francfort), indépendante. Elle agit sur la conjoncture avec les taux directeurs, pour viser une inflation proche de 2 %.

  • Politique budgétaire : décidée par chaque État (dépenses publiques, impôts), mais limitée par les traités : le traité de Maastricht et le Pacte de stabilité fixent un déficit public maximal de 3 % du PIB et une dette de 60 % du PIB.

Une même politique monétaire convient mal quand les pays ne sont pas dans la même situation : c'est le choc asymétrique (un choc qui touche un pays et pas les autres, comme l'effondrement d'une branche d'activité dominante dans un seul État). La BCE ne peut pas adapter ses taux à ce pays seul, et la politique budgétaire de ce pays est contrainte par les règles européennes. De plus, la politique budgétaire est plus difficile à mener que la politique monétaire : elle reste décidée par 20 gouvernements différents, avec un défaut de coordination entre États, et un pays ne peut plus dévaluer sa monnaie pour retrouver de la compétitivité.

Politique monétaire Politique budgétaire
Qui décide ? BCE (zone euro) Chaque État
Instrument Taux directeurs Dépenses publiques, impôts
Règles Objectif de stabilité des prix Maastricht, Pacte de stabilité
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Question : Comment les dotations factorielles expliquent-elles la spécialisation internationale des pays ? Vous illustrerez votre réponse par un exemple de pays et de…

Question : Comment les dotations factorielles expliquent-elles la spécialisation internationale des pays ?

Vous illustrerez votre réponse par un exemple de pays et de produit, et vous préciserez en quoi cette explication ne suffit pas à rendre compte du commerce entre pays comparables.

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Question : Pourquoi la politique budgétaire des États de la zone euro est-elle plus difficile à mener que la politique monétaire ? Vous distinguerez les acteurs et les…

Question : Pourquoi la politique budgétaire des États de la zone euro est-elle plus difficile à mener que la politique monétaire ?

Vous distinguerez les acteurs et les règles qui encadrent chacune de ces politiques et vous mobiliserez la notion de choc asymétrique.

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Mobilité sociale et action collective

Mobilité structurelle et fluidité sociale

La mobilité sociale est le changement de position sociale (de catégorie socioprofessionnelle) entre un individu et son père (ou sa mère). On l'étudie avec des tables de mobilité.

  • Mobilité structurelle : la part de mobilité due aux transformations de la structure des emplois (recul des agriculteurs et ouvriers, hausse des cadres et professions intermédiaires). Beaucoup de fils d'agriculteurs deviennent employés, car il y a moins de postes d'agriculteurs.

  • Fluidité sociale : l'égalité des chances d'accéder à une position selon son origine sociale. Elle se mesure par les chances relatives (rapport des chances d'un fils de cadre et d'un fils d'ouvrier d'atteindre une position).

Une table de mobilité croise la catégorie socioprofessionnelle des parents (en lignes) et celle des enfants (en colonnes) : on y lit, par exemple, la part des fils d'ouvriers devenus cadres. Une société peut connaître une forte mobilité structurelle et une faible fluidité : si les emplois de cadre se multiplient, beaucoup d'enfants d'ouvriers deviennent cadres, mais les enfants de cadres ont toujours beaucoup plus de chances d'y accéder. Les écarts entre origines restent donc importants.

Le paradoxe de l'action collective

Mancur Olson montre que des individus ayant un intérêt commun ne s'engagent pas forcément ensemble. Si le bien obtenu est collectif (une hausse de salaire profite à tous les salariés), chacun peut espérer en profiter sans participer : c'est le comportement de passager clandestin. L'engagement a un coût (temps, salaire perdu en cas de grève) ; si tous raisonnent ainsi, personne n'agit.

Les organisations surmontent ce paradoxe par des incitations sélectives : avantages réservés à leurs membres (services d'un syndicat, assurance, informations, convivialité, reconnaissance), ou sanctions (pression sociale). Exemple : un syndicat propose à ses adhérents une aide juridique aux prud'hommes ; un parti offre une carrière politique ou une identité collective.

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Question : Distinguer mobilité structurelle et fluidité sociale. 1. Définir chacune des deux notions. 2. Expliquer pourquoi une société peut connaître une forte mobilité…

Question : Distinguer mobilité structurelle et fluidité sociale.

  1. Définir chacune des deux notions.

  2. Expliquer pourquoi une société peut connaître une forte mobilité structurelle tout en ayant une fluidité sociale faible.

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Question : Pourquoi l'action collective n'est-elle pas toujours une conséquence logique de l'existence d'intérêts communs ? 1. Présenter le paradoxe de l'action…

Question : Pourquoi l'action collective n'est-elle pas toujours une conséquence logique de l'existence d'intérêts communs ?

  1. Présenter le paradoxe de l'action collective formulé par Mancur Olson.

  2. Expliquer comment des organisations (syndicats, associations, partis) peuvent le surmonter.

  3. Illustrer par un exemple d'engagement politique.

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Retour au début : à la question « Comment mesure-t-on le chômage ? », tu réponds en définissant le chômeur du BIT, en distinguant les sources (enquête Emploi, France Travail) et en donnant la formule du taux, avec un chiffre pour l'illustrer.

L'essentiel

Voir tous les exercices de cette partie