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Terminale (maths expertes) · SES
Préparer l'épreuve de spécialité SES du bac · Épreuve composée de SES en terminale générale

Partie 1 — mobilisation des connaissances

Lucas lit le sujet : « Montrer que les institutions influencent la croissance économique. » Il écrit tout ce qu'il sait sur la croissance pendant une page entière… et obtient 3/10. Pourquoi ? Il n'a pas répondu à la question posée, il n'a défini aucune notion et il n'a donné aucun exemple. Dans cette page, tu apprends à éviter ces pièges, puis tu revois les connaissances de cours qui tombent le plus souvent.

Ce que l'on attend dans la partie 1

La première partie de l'épreuve composée de SES porte sur la mobilisation des connaissances : une question de cours, parfois découpée en plusieurs sous-questions (« 1. Définir… 2. Expliquer… »). Il n'y a pas de document : tout vient de ta mémoire et de ta compréhension du cours.

Le correcteur vérifie trois choses :

  • tu définis les notions clés (concept + précision) ;

  • tu expliques un mécanisme, c'est-à-dire que tu relies les idées par des liens logiques (« donc », « car », « ce qui entraîne ») ;

  • tu illustres par un exemple précis (un pays, une date, une entreprise, un chiffre ordre de grandeur).

Les trois attendus d'une réponse : définir, expliquer, illustrer Définir la notion clé Expliquer le mécanisme Illustrer par un exemple

Mesurer le chômage et comprendre les bulles spéculatives

Le chômage. Au sens du BIT (Bureau international du travail), un chômeur est une personne de 15 ans ou plus qui remplit trois conditions : elle est sans emploi (elle n'a pas travaillé, même une heure, pendant la semaine de référence), disponible pour travailler dans les deux semaines et en recherche active d'un emploi. Ce nombre est mesuré par l'enquête Emploi de l'INSEE. Il diffère du nombre de personnes inscrites à France Travail (ex-Pôle emploi) : un chômeur BIT peut ne pas être inscrit, et un inscrit peut avoir une activité réduite ou ne pas chercher activement d'emploi. La population active regroupe les actifs occupés et les chômeurs.

$$\text{taux de chômage} = \frac{\text{nombre de chômeurs}}{\text{population active}} \times 100$$

La bulle spéculative. Une bulle spéculative est une envolée durable du prix d'un actif (immobilier, actions…) bien au-delà de sa valeur fondamentale (celle que justifient les revenus futurs qu'il rapportera). Elle se forme par deux mécanismes :

  • le comportement mimétique : chaque investisseur imite les autres, car il pense qu'ils sont mieux informés ;

  • la prophétie auto-réalisatrice : parce que tous anticipent une hausse, ils achètent, et leurs achats font effectivement monter les prix, ce qui confirme l'anticipation.

La bulle éclate lorsque la confiance disparaît : les ventes massives font chuter les prix. Exemple : la crise des « subprimes » de 2008, après la hausse des prix de l'immobilier aux États-Unis.

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Question : Comment mesure-t-on le chômage ? 1. Définir un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT). 2. Expliquer pourquoi le nombre de chômeurs au sens…

Question : Comment mesure-t-on le chômage ?

  1. Définir un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT).

  2. Expliquer pourquoi le nombre de chômeurs au sens du BIT n'est pas identique au nombre de personnes inscrites à France Travail.

  3. Donner la formule du taux de chômage.

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Une méthode en quatre étapes

Entraîne-toi★☆☆Pas commencé
Question : Qu'est-ce qu'une bulle spéculative ? 1. Définir une bulle spéculative. 2. Expliquer, en vous appuyant sur les notions de comportement mimétique et de…

Question : Qu'est-ce qu'une bulle spéculative ?

  1. Définir une bulle spéculative.

  2. Expliquer, en vous appuyant sur les notions de comportement mimétique et de prophétie auto-réalisatrice, comment elle se forme.

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Croissance, institutions et innovation

Sources de la croissance. La croissance économique est l'augmentation soutenue de la production (PIB en volume). Elle vient de deux sources :

  • l'accumulation des facteurs : plus de capital physique, de capital humain (éducation, santé) ou de travail ;

  • les gains de productivité globale des facteurs (PGF) : la part de la croissance que ne s'explique pas par la quantité de facteurs, mais par leur combinaison plus efficace.

L'accumulation seule se heurte à des rendements décroissants : la 10e machine apporte moins que la 1re. La PGF permet de dépasser cette limite.

Progrès technique et innovation. Le progrès technique (nouvelles techniques, nouveaux produits, meilleure organisation) augmente la PGF. Il est endogène : il résulte des choix des agents (dépenses de recherche et développement, éducation, investissement des entreprises) et des externalités positives de la connaissance (une idée utile profite à d'autres sans les payer). Il ne tombe pas « du ciel ».

Institutions. Les institutions (règles du jeu : droit, justice, brevets) influencent la croissance. Les droits de propriété garantissent à l'investisseur et à l'inventeur qu'il profitera du fruit de son effort : ils créent une incitation à investir et à innover. Le brevet donne par exemple un monopole temporaire à l'inventeur. Sans protection (expropriation, corruption, contrefaçon), investir devient risqué et la croissance est freinée.

Destruction créatrice (Schumpeter). Une innovation fait apparaître de nouvelles activités et en détruit d'anciennes : la voiture a remplacé les calèches, le numérique a fait reculer la photographie argentique. Cela alimente la croissance, mais certains emplois disparaissent et les revenus évoluent différemment : la demande de travail qualifié augmente, ce qui peut accroître les inégalités de revenus.

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Question : Quelle différence peut-on faire entre l'accumulation des facteurs de production et les gains de productivité globale des facteurs (PGF) comme sources de la…

Question : Quelle différence peut-on faire entre l'accumulation des facteurs de production et les gains de productivité globale des facteurs (PGF) comme sources de la croissance économique ?

  1. Définir la productivité globale des facteurs.

  2. Expliquer, à l'aide d'un exemple, en quoi le progrès technique permet d'augmenter la PGF.

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Question : Montrer que les institutions influencent la croissance économique. Vous mobiliserez en particulier la notion de droits de propriété et vous illustrerez votre…

Question : Montrer que les institutions influencent la croissance économique.

Vous mobiliserez en particulier la notion de droits de propriété et vous illustrerez votre réponse par un exemple.

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Question : Montrer que l'innovation, moteur de la croissance économique, s'accompagne d'un processus de destruction créatrice. 1. Expliquer en quoi le progrès technique…

Question : Montrer que l'innovation, moteur de la croissance économique, s'accompagne d'un processus de destruction créatrice.

  1. Expliquer en quoi le progrès technique est endogène.

  2. Présenter le mécanisme de la destruction créatrice et l'illustrer par un exemple.

  3. Expliquer pourquoi ce processus peut engendrer des inégalités de revenus.

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Commerce international et politiques en zone euro

Dotations factorielles. Selon le modèle HOS (Heckscher, Ohlin, Samuelson), un pays se spécialise dans les produits qui utilisent intensivement le facteur dont il est relativement bien doté : un pays riche en travail peu qualifié exporte des produits à forte main-d'œuvre (textile) ; un pays riche en capital et en travail qualifié exporte des biens technologiques (aéronautique). Exemple : l'Allemagne et ses machines-outils, le Bangladesh et l'habillement.

Limite. Cette théorie explique le commerce entre pays différents. Or la plupart des échanges se font entre pays comparables (France et Allemagne échangent des automobiles) : c'est le commerce intra-branche, fondé sur la différenciation des produits (qualité, marque, variété) et la fragmentation de la chaîne de valeur. La productivité des firmes compte aussi : seules les plus productives exportent.

Politiques en zone euro. La politique monétaire est unique : la BCE, indépendante, fixe les taux directeurs pour tous les pays, avec pour objectif la stabilité des prix (2 %). La politique budgétaire reste nationale (chaque État décide de ses dépenses et impôts) mais est encadrée par les traités (Maastricht : déficit ≤ 3 % du PIB, dette ≤ 60 %, Pacte de stabilité et de croissance). Elle est plus difficile à mener, car il y a 20 acteurs, un manque de coordination et un risque de choc asymétrique : un choc qui touche un pays et pas les autres. La politique monétaire unique n'est alors pas adaptée à ce pays, et sa marge budgétaire est limitée par les règles.

Comparaison des politiques monétaire et budgétaire en zone euro Politique monétaire Acteur : BCE (unique) Outil : taux directeurs Objectif : prix stables (2 %) Politique budgétaire Acteurs : 20 États Outils : dépenses, impôts Limite : traités (3 % / 60 %)
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Question : Comment les dotations factorielles expliquent-elles la spécialisation internationale des pays ? Vous illustrerez votre réponse par un exemple de pays et de…

Question : Comment les dotations factorielles expliquent-elles la spécialisation internationale des pays ?

Vous illustrerez votre réponse par un exemple de pays et de produit, et vous préciserez en quoi cette explication ne suffit pas à rendre compte du commerce entre pays comparables.

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Question : Pourquoi la politique budgétaire des États de la zone euro est-elle plus difficile à mener que la politique monétaire ? Vous distinguerez les acteurs et les…

Question : Pourquoi la politique budgétaire des États de la zone euro est-elle plus difficile à mener que la politique monétaire ?

Vous distinguerez les acteurs et les règles qui encadrent chacune de ces politiques et vous mobiliserez la notion de choc asymétrique.

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Mobilité sociale et action collective

Mobilité structurelle et fluidité sociale. La mobilité sociale compare la position sociale (PCS) d'un individu à celle de ses parents.

  • La mobilité structurelle est la part de mobilité due aux changements de la structure des emplois : par exemple, la baisse du nombre d'agriculteurs et la hausse des cadres obligent de nombreux enfants à changer de catégorie.

  • La fluidité sociale mesure l'égalité des chances d'accès aux positions sociales selon l'origine : on compare les chances relatives d'un enfant de cadre et d'un enfant d'ouvrier d'accéder à une même position (rapports de chances ou odds ratios).

Une société peut donc connaître beaucoup de mobilité structurelle (beaucoup de postes de cadres créés) tout en restant peu fluide (ces postes sont occupés surtout par des enfants de cadres).

Action collective. Selon Mancur Olson, un individu rationnel peut préférer ne pas s'engager : s'il obtient le bien collectif (une hausse de salaire négociée par un syndicat) sans payer le coût de l'engagement, il est un passager clandestin. D'où le paradoxe de l'action collective : l'intérêt commun n'entraîne pas mécaniquement la mobilisation, surtout dans les grands groupes. Les organisations le surmontent par des incitations sélectives : avantages réservés aux adhérents (services, assurance, sociabilité, rétribution symbolique) ou contraintes (adhésion obligatoire dans certains cas). Exemple : un syndicat de salariés d'une entreprise lyonnaise offre à ses adhérents conseil juridique et défense individuelle.

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Question : Distinguer mobilité structurelle et fluidité sociale. 1. Définir chacune des deux notions. 2. Expliquer pourquoi une société peut connaître une forte mobilité…

Question : Distinguer mobilité structurelle et fluidité sociale.

  1. Définir chacune des deux notions.

  2. Expliquer pourquoi une société peut connaître une forte mobilité structurelle tout en ayant une fluidité sociale faible.

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Question : Pourquoi l'action collective n'est-elle pas toujours une conséquence logique de l'existence d'intérêts communs ? 1. Présenter le paradoxe de l'action…

Question : Pourquoi l'action collective n'est-elle pas toujours une conséquence logique de l'existence d'intérêts communs ?

  1. Présenter le paradoxe de l'action collective formulé par Mancur Olson.

  2. Expliquer comment des organisations (syndicats, associations, partis) peuvent le surmonter.

  3. Illustrer par un exemple d'engagement politique.

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Retour au début : la réponse de Lucas manquait de définitions, de cadrage sur la question (les institutions et leur effet sur l'incitation à investir) et d'un exemple (les brevets). Avec la méthode, il aurait obtenu bien plus de points.

L'essentiel

  • La partie 1 teste ta capacité à définir, expliquer et illustrer à partir de ton cours.

  • Méthode : repérer les mots-clés et la consigne → lister les notions → rédiger avec des connecteurs → relire et vérifier chaque sous-question.

  • Croissance : accumulation des facteurs (rendements décroissants) et PGF ; progrès technique endogène ; institutions et droits de propriété ; destruction créatrice et inégalités.

  • Commerce : dotations factorielles pour les pays différents ; différenciation et chaîne de valeur pour les pays comparables.

  • Zone euro : monnaie unique gérée par la BCE, budgets nationaux encadrés par les traités, chocs asymétriques.

  • Mobilité structurelle ≠ fluidité sociale ; paradoxe d'Olson surmonté par les incitations sélectives.

Voir tous les exercices de cette partie