Vecteurs, épidémies et VIH
Été en métropole : un moustique tigre te pique sur la terrasse. Quelques jours plus tard, un voisin revenu des Antilles est malade, et deux cas de dengue sont signalés dans le quartier. Comment une maladie passe-t-elle d'une personne à l'autre, parfois par l'intermédiaire d'un insecte ? Et pourquoi certaines maladies restent-elles installées dans une région alors que d'autres arrivent par vagues ? Réponse dans cette page.
Agents pathogènes et modes de transmission
Un agent pathogène est un organisme ou une particule capable de provoquer une maladie chez un hôte. Il vit à ses dépens. Il peut s'agir d'un virus (VIH, dengue, grippe), de certaines bactéries (celle de la maladie de Lyme) ou de certains eucaryotes unicellulaires (Plasmodium, agent du paludisme).
Il existe trois grandes voies de transmission :
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par contact direct (peau, liquides corporels, voie sexuelle, mère-enfant) ;
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par le milieu : l'air (gouttelettes, aérosols) ou l'eau et les aliments contaminés ;
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par un vecteur : un animal, le plus souvent un insecte, qui transporte l'agent pathogène d'un hôte à un autre.
Quelques mots à connaître :
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vecteur : être vivant qui transmet l'agent pathogène d'un hôte à un autre ;
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réservoir : espèce ou milieu où l'agent pathogène survit et se multiplie durablement, d'où il peut repartir vers l'humain ;
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porteur sain : personne infectée, sans symptômes, mais capable de transmettre.
Définir : agent pathogène, vecteur, réservoir, épidémie, endémie.
Définir : agent pathogène, vecteur, réservoir, épidémie, endémie.
Épidémie, endémie et prophylaxie
Une maladie infectieuse se décrit à l'échelle d'une population :
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endémie : la maladie est présente de façon constante dans une région (ex. le paludisme en zone tropicale) ;
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épidémie : augmentation rapide et importante du nombre de cas dans une région et pendant une période donnée ;
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cas importé : cas déclaré chez une personne contaminée ailleurs (un voyageur), sans transmission locale.
Pour comparer des situations, on calcule des variations relatives :
$$\text{variation relative} = \frac{\text{valeur finale} - \text{valeur initiale}}{\text{valeur initiale}} \times 100$$La prophylaxie regroupe les mesures qui évitent la maladie : gestes de protection, hygiène, lutte contre le vecteur (supprimer les eaux stagnantes où les moustiques pondent, moustiquaires imprégnées d'insecticide) et vaccination. Le vaccin prépare l'organisme avant la rencontre avec l'agent pathogène.
Le changement climatique étend les zones où les vecteurs survivent : le moustique tigre est installé dans une grande partie de la France métropolitaine, d'où des cas de dengue ou de chikungunya autochtones. Mais la présence du vecteur ne suffit pas : il faut aussi l'agent pathogène (apporté par des voyageurs) et des hôtes sensibles.
Dans une région du monde, on note 12 000 cas de paludisme en 2010 et 8 400 en 2020. a) Calculer la variation relative en pourcentage. b) Citer deux mesures de lutte qui…
Dans une région du monde, on note 12 000 cas de paludisme en 2010 et 8 400 en 2020.
- a) Calculer la variation relative en pourcentage.
- b) Citer deux mesures de lutte qui peuvent expliquer cette évolution.
- c) Expliquer pourquoi la moustiquaire imprégnée agit sur le vecteur.
Dans un département d'outre-mer, une épidémie de dengue transmise par Aedes aegypti est enregistrée : 50 cas par semaine en janvier, 400 en mars. Les pluies abondantes…
Dans un département d'outre-mer, une épidémie de dengue transmise par Aedes aegypti est enregistrée : 50 cas par semaine en janvier, 400 en mars. Les pluies abondantes laissent des eaux stagnantes.
- a) Calculer le facteur de multiplication des cas et conclure sur la dynamique.
- b) Expliquer le lien entre pluie, vecteur et épidémie.
- c) Proposer trois mesures de prévention et justifier leur efficacité.
On compare deux zones : une où le paludisme est endémique avec 400 cas pour 1 000 habitants par an, l'autre où des cas isolés sont importés par des voyageurs. a)…
On compare deux zones : une où le paludisme est endémique avec 400 cas pour 1 000 habitants par an, l'autre où des cas isolés sont importés par des voyageurs.
- a) Distinguer endémie, épidémie et cas importés.
- b) Expliquer pourquoi la présence du vecteur seule ne suffit pas à établir l'endémie.
- c) Discuter l'impact du changement climatique sur l'aire de répartition des vecteurs.
Retour au début : le moustique tigre est un vecteur. Il s'infecte en piquant un voyageur malade, puis transmet le virus de la dengue en piquant d'autres personnes. Il y a alors une transmission locale, mais l'épidémie reste limitée tant que les cas sont peu nombreux.
Le paludisme, maladie vectorielle
Le paludisme est dû à Plasmodium, un eucaryote unicellulaire. Le vecteur est l'anophèle femelle, qui pique pour se nourrir de sang. Le parasite passe de l'humain à l'anophèle quand elle pique un malade, puis d'elle à un autre humain.
Chez l'humain, Plasmodium pénètre dans les globules rouges, s'y multiplie et les détruit. Les symptômes caractéristiques sont des accès de fièvre élevée avec frissons, et de l'anémie.
Le diagnostic se confirme au microscope sur un frottis sanguin : on repère Plasmodium à l'intérieur des globules rouges. Le pourcentage de globules rouges parasités se nomme parasitémie :
$$\text{parasitémie} = \frac{\text{globules rouges parasités}}{\text{globules rouges observés}} \times 100$$Prévention : moustiquaire imprégnée d'insecticide (elle tient l'anophèle à distance et la tue au contact, donc agit sur le vecteur), suppression des eaux stagnantes, traitement des malades.
Pour le paludisme, indiquer l'agent pathogène, le vecteur et un symptôme caractéristique.
Pour le paludisme, indiquer l'agent pathogène, le vecteur et un symptôme caractéristique.
Sur un frottis sanguin observé au microscope, on compte 36 globules rouges parasités par Plasmodium sur 1 200 globules rouges observés. a) Calculer le pourcentage de…
Sur un frottis sanguin observé au microscope, on compte 36 globules rouges parasités par Plasmodium sur 1 200 globules rouges observés.
- a) Calculer le pourcentage de parasitémie.
- b) Indiquer pourquoi cette observation permet de confirmer le diagnostic.
Le VIH et le sida
Le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) est un virus, donc un agent pathogène acellulaire. Il infecte les lymphocytes T4, cellules clés de l'immunité, et les détruit peu à peu.
Il se transmet par trois voies principales, toujours par contact avec des liquides biologiques contaminés :
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les rapports sexuels non protégés ;
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le sang (partage de seringues) ;
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de la mère à l'enfant (grossesse, accouchement, allaitement).
Il ne se transmet pas par une poignée de main, un baiser, la toux, des couverts partagés, une piqûre de moustique ou les toilettes.
Les lymphocytes T4 coordonnent la réponse immunitaire. Quand ils diminuent au fil des années, l'organisme n'arrive plus à se défendre : c'est un déficit immunitaire.
Il faut distinguer :
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séropositivité : la personne est infectée, ses anticorps anti-VIH sont détectés ; elle peut rester des années sans symptôme mais transmet le virus ;
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sida : stade tardif où l'immunité est effondrée, avec des infections opportunistes (pneumonie, certains cancers) que le corps contrôlerait normalement.
Les traitements antirétroviraux bloquent la multiplication du virus : la charge virale (nombre de copies de virus par mL de sang) devient parfois indétectable. Mais le virus reste caché dans des cellules réservoirs, et il repart si le traitement est arrêté : il n'y a pas guérison. La prévention repose sur le préservatif, le dépistage, les seringues à usage unique et le traitement des femmes enceintes séropositives. Il n'existe pas de vaccin contre le VIH : la prophylaxie passe donc par ces gestes.
Pour le VIH, le réservoir est l'humain infecté : une personne séropositive sans symptôme est un porteur sain qui peut transmettre le virus sans le savoir, d'où l'intérêt du dépistage. Le VIH est endémique dans certaines régions du monde (Afrique subsaharienne notamment), où il est présent en permanence dans la population.
Citer les trois modes principaux de transmission du VIH et deux situations qui ne transmettent pas le virus.
Citer les trois modes principaux de transmission du VIH et deux situations qui ne transmettent pas le virus.
Chez un patient infecté par le VIH, on mesure le taux de lymphocytes T4 : 900 /mm³ à la contamination, 350 /mm³ après 6 ans, 150 /mm³ après 9 ans. a) Décrire…
Chez un patient infecté par le VIH, on mesure le taux de lymphocytes T4 : 900 /mm³ à la contamination, 350 /mm³ après 6 ans, 150 /mm³ après 9 ans.
- a) Décrire l'évolution.
- b) Expliquer le lien avec l'apparition d'infections opportunistes.
- c) Définir la différence entre séropositivité et sida.
Un traitement antirétroviral réduit la charge virale d'un patient de 100 000 à 50 copies/mL en 6 mois, puis le patient interrompt le traitement ; la charge remonte à 80…
Un traitement antirétroviral réduit la charge virale d'un patient de 100 000 à 50 copies/mL en 6 mois, puis le patient interrompt le traitement ; la charge remonte à 80 000 copies/mL en 2 mois.
- a) Calculer la réduction relative de la charge virale sous traitement.
- b) Expliquer la remontée après l'arrêt en évoquant les cellules réservoirs.
- c) Justifier qu'une charge virale indétectable ne signifie pas guérison.
L'essentiel
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Un agent pathogène vit aux dépens d'un hôte ; il se transmet par contact, par le milieu (air, eau) ou par un vecteur.
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Une endémie est une présence constante ; une épidémie est une hausse rapide des cas ; un cas importé vient d'ailleurs.
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La prophylaxie combine gestes de protection, hygiène, lutte contre les vecteurs et vaccination.
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Le paludisme : Plasmodium, vecteur l'anophèle, fièvre ; le frottis sanguin permet de calculer la parasitémie.
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Le VIH détruit les lymphocytes T4 ; séropositivité ≠ sida ; les antirétroviraux contrôlent le virus sans le guérir.