Échantillonnage et sciences participatives
Dans la pelouse de ton lycée, combien d'escargots vivent-ils ? Impossible de les compter tous un par un. Les scientifiques, eux aussi, ne peuvent presque jamais tout compter : ils échantillonnent. Comment faire pour que quelques mesures en disent long sur tout un milieu, et comment des milliers de citoyens peuvent-ils y contribuer ?
Échantillonner : quadrats et densité
Pour étudier un milieu trop vaste, on n'observe qu'une petite partie de celui-ci, l'échantillon, puis on généralise à l'ensemble. Cette démarche s'appelle l'échantillonnage.
Pour les organismes qui ne bougent pas (plantes) ou peu (escargots, insectes du sol), on utilise un quadrat : un cadre, souvent d'1 m de côté (donc 1 m²), que l'on pose au sol. On compte tout ce qui se trouve à l'intérieur.
Les quadrats sont placés au hasard : si on les posait seulement là où il y a beaucoup de fleurs, l'estimation serait faussée.
On place 5 quadrats de 1 m² dans une prairie et on compte 12, 9, 15, 11 et 8 plantes. Calculer le nombre moyen de plantes par quadrat puis la densité par m².
On place 5 quadrats de 1 m² dans une prairie et on compte 12, 9, 15, 11 et 8 plantes. Calculer le nombre moyen de plantes par quadrat puis la densité par m².
Un élève souhaite estimer le nombre d'escargots dans une pelouse de 400 m². Il compte 18 escargots sur 6 quadrats de 1 m². a) Calculer la densité moyenne par m². b)…
Un élève souhaite estimer le nombre d'escargots dans une pelouse de 400 m². Il compte 18 escargots sur 6 quadrats de 1 m².
- a) Calculer la densité moyenne par m².
- b) Extrapoler le nombre total sur la pelouse.
- c) Indiquer comment améliorer la fiabilité de l'estimation.
Mesurer la biodiversité
La biodiversité se mesure à plusieurs échelles : gènes, espèces, écosystèmes. Sur le terrain, on utilise surtout deux grandeurs.
La diversité génétique (variété des allèles au sein d'une espèce) est une troisième mesure, mais elle demande des analyses d'ADN, pas un simple comptage.
Citer trois mesures de la biodiversité (richesse spécifique, abondance, diversité génétique, etc.) et expliquer l'une d'elles.
Citer trois mesures de la biodiversité (richesse spécifique, abondance, diversité génétique, etc.) et expliquer l'une d'elles.
Dans une haie du Perche, on relève : 4 espèces d'oiseaux avec respectivement 10, 5, 3 et 2 individus. a) Calculer la richesse spécifique et l'abondance totale. b)…
Dans une haie du Perche, on relève : 4 espèces d'oiseaux avec respectivement 10, 5, 3 et 2 individus.
- a) Calculer la richesse spécifique et l'abondance totale.
- b) Calculer la fréquence relative de chaque espèce.
- c) Dire quelle espèce est dominante.
Une mare est suivie pendant deux ans par des élèves. En année 1 : 14 espèces et 220 individus ; en année 2 : 9 espèces et 310 individus, dont 180 d'une seule espèce. a)…
Une mare est suivie pendant deux ans par des élèves. En année 1 : 14 espèces et 220 individus ; en année 2 : 9 espèces et 310 individus, dont 180 d'une seule espèce.
- a) Calculer l'évolution de la richesse spécifique.
- b) Interpréter la variation en termes de diversité et de dominance.
- c) Proposer des hypothèses explicatives et un protocole pour les tester.
Des comptages fiables : protocole et biais
Pour comparer deux milieux ou deux dates, il faut standardiser : même méthode, même durée, même surface, même saison, même heure. Sinon, on ne sait pas si la différence vient du milieu ou de la façon de compter.
Pour résumer plusieurs relevés, on utilise la moyenne et la médiane (la valeur qui partage la série ordonnée en deux moitiés égales). La médiane est moins sensible à une valeur exceptionnelle.
Un biais d'échantillonnage est une erreur systématique qui rend l'échantillon non représentatif. Exemples : ne chercher que dans les zones faciles d'accès, compter à l'heure où les insectes sont le plus visibles, ou, pour un observateur débutant, confondre deux espèces proches ou oublier les individus discrets.
Dans un jardin parisien, on recense les papillons pendant 10 minutes, tous les matins d'une semaine : 3, 5, 4, 6, 2, 5, 7 individus. a) Calculer la moyenne et la…
Dans un jardin parisien, on recense les papillons pendant 10 minutes, tous les matins d'une semaine : 3, 5, 4, 6, 2, 5, 7 individus.
- a) Calculer la moyenne et la médiane.
- b) Expliquer pourquoi il faut standardiser la durée et la méthode de comptage.
- c) Citer un biais possible d'un observateur débutant.
Les sciences participatives
Une science participative associe des citoyens à une recherche scientifique : ils recueillent des observations (photos, comptages) qui sont ensuite validées et analysées par des chercheurs. En France, on peut citer Vigie-Nature (dont Spipoll pour les pollinisateurs et le suivi des oiseaux communs) ou Vigie-Nature École, destiné aux classes.
Atouts : un très grand nombre de données, sur un vaste territoire, pour un coût faible. Limites : des observateurs de niveaux inégaux et des biais : on observe surtout près des villes, des sentiers, des jardins, et les espèces spectaculaires sont plus signalées.
Définir : échantillonnage, quadrat, science participative. Donner un exemple de programme participatif en France.
Définir : échantillonnage, quadrat, science participative. Donner un exemple de programme participatif en France.
Un programme de science participative recueille 5 000 observations de bourdons, dont 62 % proviennent de zones urbaines qui représentent seulement 10 % du territoire…
Un programme de science participative recueille 5 000 observations de bourdons, dont 62 % proviennent de zones urbaines qui représentent seulement 10 % du territoire étudié.
- a) Calculer le nombre d'observations en zone urbaine et en zone non urbaine.
- b) Identifier le biais d'échantillonnage.
- c) Proposer des corrections pour exploiter ces données.
Comparer deux milieux
Pour comparer deux prairies, on compare les moyennes de richesse par quadrat, mais aussi la dispersion (écart entre quadrats). Si les valeurs de deux milieux sont bien séparées et peu dispersées, la différence est probablement réelle. Si elles se chevauchent beaucoup, la différence peut être due au hasard de l'échantillonnage. Plus on a de quadrats, plus la conclusion est solide.
Un lien de cause à effet (par exemple fauche fréquente → moins d'espèces) ne se prouve pas par une simple comparaison : il faut un protocole où un seul facteur varie, les autres étant identiques.
On compare deux prairies à l'aide de 10 quadrats chacune : prairie A (fauchée une fois par an) richesse moyenne de 14 espèces par quadrat avec un écart-type de 2 ;…
On compare deux prairies à l'aide de 10 quadrats chacune : prairie A (fauchée une fois par an) richesse moyenne de 14 espèces par quadrat avec un écart-type de 2 ; prairie B (fauchée 4 fois par an) richesse moyenne de 7 espèces avec un écart-type de 1,5.
- a) Comparer les deux prairies à partir de ces valeurs.
- b) Discuter la significativité apparente de la différence.
- c) Formuler une recommandation de gestion pour préserver la biodiversité et justifier.
L'essentiel
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On échantillonne : on observe une petite partie du milieu (quadrats posés au hasard) pour en déduire l'ensemble.
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Densité moyenne $=$ individus comptés $/$ surface étudiée ; effectif estimé $=$ densité $\times$ surface du milieu. C'est une estimation, d'autant plus fiable que les quadrats sont nombreux.
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Richesse spécifique : nombre d'espèces ; abondance : nombre d'individus ; fréquence relative et espèce dominante.
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Il faut standardiser le protocole et repérer les biais d'échantillonnage.
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Les sciences participatives (Vigie-Nature) fournissent beaucoup de données mais demandent de corriger les biais.
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Pour comparer deux milieux, on regarde les moyennes et la dispersion.
Retour au début : on estime les escargots de la pelouse avec quelques quadrats au hasard, puis on multiplie la densité par la surface totale.