Services écosystémiques et impacts humains
Dans un verger, les pommiers fleurissent en avril. Sans abeilles, bourdons et autres insectes pollinisateurs, une grande partie des fleurs ne donnerait aucun fruit. Personne ne paie ces insectes, et pourtant ils « travaillent » pour nous. Que nous apportent gratuitement les écosystèmes ? Que se passe-t-il quand nous les dégradons ? Peut-on mettre un prix sur ce qu'ils nous offrent ? Nous répondrons à ces questions dans cette page.
Les services écosystémiques
Un écosystème est formé d'une biocénose (les êtres vivants) et d'un biotope (le milieu physique). Il fonctionne grâce à des flux de matière et à des interactions entre espèces. Ce fonctionnement profite aux sociétés humaines.
On distingue trois grandes catégories.
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Les services d'approvisionnement fournissent des produits : aliments, bois, eau, fibres.
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Les services de régulation modèrent des phénomènes : climat, qualité de l'eau, crues, pollinisation, érosion.
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Les services culturels apportent des bénéfices non matériels : loisirs, tourisme, paysages, valeurs symboliques.
Classer les services écosystémiques suivants en services d'approvisionnement, de régulation ou culturels : pêche en mer, pollinisation des vergers, randonnée en forêt,…
Classer les services écosystémiques suivants en services d'approvisionnement, de régulation ou culturels : pêche en mer, pollinisation des vergers, randonnée en forêt, filtration de l'eau par une zone humide, bois de chauffage.
Les impacts des activités humaines
Les activités humaines modifient les écosystèmes. Les principaux impacts sont :
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la destruction et la fragmentation des habitats : urbanisation, routes, drainage des zones humides ;
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l'agriculture intensive : monocultures, engrais et pesticides qui polluent les eaux et appauvrissent la biodiversité ;
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la pollution : eaux, sols, air, plastiques ;
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la surexploitation de ressources : surpêche, prélèvements d'eau ;
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l'introduction d'espèces invasives ;
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le changement climatique, dû en partie aux émissions de CO₂.
Quand la biodiversité diminue, des services de régulation (pollinisation, épuration de l'eau) se dégradent. Il en résulte des coûts pour la société.
Citer trois impacts des activités humaines sur les écosystèmes (par exemple agriculture intensive, urbanisation, pollution).
Citer trois impacts des activités humaines sur les écosystèmes (par exemple agriculture intensive, urbanisation, pollution).
Les espèces invasives
Elle prolifère souvent car elle n'a ni prédateur ni parasite dans son nouveau milieu. Exemples en France : le frelon asiatique, la jussie, le ragondin, l'écrevisse de Louisiane.
Son effet s'explique par les interactions biotiques. Une espèce introduite peut entrer en compétition avec des espèces indigènes pour la même ressource (nourriture, espace) : elle diminue leur valeur sélective. Elle peut aussi les exploiter (prédation, parasitisme). Lors d'une lutte biologique, on introduit volontairement un prédateur d'un ravageur : le ravageur diminue (bénéfice), mais le prédateur introduit peut aussi consommer ou concurrencer des espèces indigènes (risque).
Tant que les ressources ne sont pas limitantes, une population invasive croît de façon exponentielle. Si sa surface double chaque année, on a une suite géométrique de raison $q = 2$.
Pour calculer une variation relative, on utilise
$$\text{variation relative} = \frac{\text{valeur finale} - \text{valeur initiale}}{\text{valeur initiale}}$$Exemple : de 80 à 60 individus, on a $\dfrac{60-80}{80} = -0{,}25$, soit une baisse de 25 %.
Définir « espèce invasive » et donner un exemple présent en France, avec une conséquence pour les écosystèmes.
Définir « espèce invasive » et donner un exemple présent en France, avec une conséquence pour les écosystèmes.
La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) est introduite en France pour lutter contre les pucerons. Dans un verger, on dénombre 2 000 pucerons par m² avant et 600 par…
La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) est introduite en France pour lutter contre les pucerons. Dans un verger, on dénombre 2 000 pucerons par m² avant et 600 par m² après son installation. Le nombre de coccinelles indigènes passe de 50 à 20 par m².
- a) Calculer la variation relative des pucerons et celle des coccinelles indigènes.
- b) Expliquer le bénéfice et le risque de cette introduction.
- c) Proposer une mesure de gestion.
La jussie, plante aquatique invasive, colonise un étang du Marais poitevin. Sa surface couverte est de 1 hectare la première année et double chaque année tant que la…
La jussie, plante aquatique invasive, colonise un étang du Marais poitevin. Sa surface couverte est de 1 hectare la première année et double chaque année tant que la ressource n'est pas limitante. L'étang mesure 40 hectares.
- a) Exprimer la surface $S_n$ en fonction de l'année $n$.
- b) Déterminer l'année où la surface dépasse la moitié de l'étang.
- c) Expliquer les conséquences sur la biodiversité et sur les usages, puis justifier l'intérêt d'une intervention précoce.
Évaluer un service : la monétarisation
Pour comparer des projets d'aménagement, on cherche parfois à exprimer un service en euros : c'est la monétarisation. On évalue par exemple le coût qu'il faudrait payer pour remplacer le service (station d'épuration, digue, pollinisation manuelle).
La valeur d'un service s'obtient souvent par un produit :
$$\text{valeur annuelle} = \text{surface} \times \text{valeur par hectare et par an}$$Autre type de calcul : le manque à gagner. Si un rendement baisse de 10 %, la perte annuelle vaut $\text{rendement} \times 0{,}10 \times \text{prix} \times \text{surface}$. On peut ensuite la comparer au coût d'une mesure de protection : la mesure est rentable si le gain évité est supérieur à son coût.
Une zone humide de 200 hectares en Loire-Atlantique filtre l'eau et limite les crues. Une étude évalue ce service à 1 500 € par hectare et par an. a) Calculer la valeur…
Une zone humide de 200 hectares en Loire-Atlantique filtre l'eau et limite les crues. Une étude évalue ce service à 1 500 € par hectare et par an.
- a) Calculer la valeur annuelle estimée du service.
- b) Une commune propose d'urbaniser 40 hectares. Calculer la perte annuelle correspondante et le pourcentage de la valeur totale.
- c) Donner une limite de la monétarisation des services écosystémiques.
Dans une région viticole, la perte des pollinisateurs sauvages réduit le rendement de 15 %. Le rendement initial est de 60 hl/ha, le prix de 250 € l'hectolitre, pour 100…
Dans une région viticole, la perte des pollinisateurs sauvages réduit le rendement de 15 %. Le rendement initial est de 60 hl/ha, le prix de 250 € l'hectolitre, pour 100 ha de culture. Un maintien de haies coûte 120 € par hectare et par an et permettrait de rétablir les deux tiers de la perte.
- a) Calculer le manque à gagner annuel dû à la perte de pollinisateurs.
- b) Calculer le gain obtenu avec les haies et le comparer au coût.
- c) Discuter les avantages et les limites d'un raisonnement uniquement monétaire.
Ingénierie écologique et gestion durable
Exemples :
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restaurer des méandres et replanter la ripisylve (végétation des berges) d'une rivière : ralentissement des crues, filtration de l'eau, ombrage ;
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restaurer un cordon dunaire végétalisé plutôt que construire une digue : protection contre l'érosion, habitat, stockage de carbone ;
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maintenir des haies : refuge pour les pollinisateurs et les auxiliaires de culture.
Pour juger une action, on utilise des indicateurs : indice de biodiversité (nombre d'espèces), qualité de l'eau, débit de crue, surface de végétation, fréquentation touristique. On les mesure avant et après les travaux.
Pour comparer deux solutions, on calcule le coût total sur la durée considérée :
$$\text{coût total} = \text{investissement} + \text{entretien annuel} \times \text{nombre d'années}$$puis on ajoute les bénéfices non chiffrés (services écosystémiques annexes).
Pour restaurer une rivière dégradée, un syndicat de bassin installe des seuils aménagés, replante la ripisylve et rétablit les méandres. a) Définir « ingénierie…
Pour restaurer une rivière dégradée, un syndicat de bassin installe des seuils aménagés, replante la ripisylve et rétablit les méandres.
- a) Définir « ingénierie écologique ».
- b) Associer chaque action à un service de régulation rétabli.
- c) Indiquer deux indicateurs permettant d'évaluer la réussite après cinq ans.
Une commune littorale doit choisir entre une digue en béton et la restauration d'un cordon dunaire végétalisé pour se protéger de l'érosion. Le coût de la digue est de 3…
Une commune littorale doit choisir entre une digue en béton et la restauration d'un cordon dunaire végétalisé pour se protéger de l'érosion. Le coût de la digue est de 3 millions d'euros avec 50 ans de durée de vie, sans coût d'entretien pris en compte ni bénéfice annexe. La restauration coûte 1,2 million d'euros, avec entretien de 20 000 € par an, et apporte tourisme, habitat et stockage de carbone.
- a) Calculer le coût total sur 50 ans de chaque solution.
- b) Identifier les services écosystémiques associés à la solution dunaire.
- c) Rédiger une recommandation argumentée pour un projet de gestion durable, en mentionnant au moins une incertitude.
Vers le début : les insectes pollinisateurs sont un service de régulation. Les activités humaines peuvent les faire disparaître, et leur perte se chiffre en euros. Mais ce chiffre ne dit pas tout, et des actions de gestion comme le maintien de haies permettent de préserver ce service.
L'essentiel
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Un service écosystémique est un bénéfice tiré du fonctionnement d'un écosystème : approvisionnement, régulation ou culturel.
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Les activités humaines (urbanisation, agriculture intensive, pollution, surexploitation, changement climatique, espèces invasives) dégradent les écosystèmes et leurs services.
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Une espèce invasive, introduite par l'être humain, prolifère souvent de façon exponentielle : intervenir tôt est essentiel.
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La monétarisation permet de comparer des projets (valeur $=$ surface $\times$ valeur par hectare), mais elle a des limites : certains services ne se chiffrent pas.
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L'ingénierie écologique restaure des services en s'appuyant sur les écosystèmes ; on évalue la réussite avec des indicateurs.